Guillaume Painchault

Je fais des photographies dans la rue. C’est un besoin, une façon de faire. Ma manière d’appréhender un espace, un territoire. Je trouve des hommes, des femmes qui traversent en même temps que moi ce territoire. Leur quotidien, le mien, rentrent en collision.
Je ne fais pas de la photo documentaire. Je fais des instantanés, et je n’ai jamais d’idée préconçue. C’est sur le moment que les images se créent. Je m’intéresse à la façon dont les gens partagent physiquement le même espace urbain. Mon travail s’axe sur les protagonistes de la rue, {en France et à l’étranger} et il est important pour moi que les personnages soient conscients de ma présence. C’est une rencontre silencieuse.
Ma démarche est celle d’un promeneur. J’ai le temps. Même ceux qui attendent sur un quai de gare ne l’ont pas. Ce n’est pas le temps de l’obturateur, c’est le temps de celui qui attend tranquillement que la personne qui passe à côté de l’objectif se transforme en image. Ce que je prends en photo c’est une transformation. Des plans rapprochés, en noir et blanc, sur les citadins. Le tout-venant de la rue. Posé sur le papier ce visage prend l’allure d’un masque.
Le réel vu juste une fraction de seconde. Des corps arrêtés dont on ne sait plus si on les a rêvés, craints ou espérés, mais qui tous ont un air familier. C’est, en somme, une magie simple qui occupe mon quotidien.